«Le pouvoir sur les autres est limité, le pouvoir sur soi est illimité!»
Yvan Phaneuf
Notre approche se situe dans un mouvement social de la masculinité humaniste :
La masculinité, depuis des millénaires, a été associée, par nécessité de survit, à des idéaux de puissance, de silence, de contrôle, de performance, de domination, d’invulnérabilité, d’insensibilité, de tolérance à la douleur physique, psychique et relationnelle ainsi qu’à une pseudo indépendance. Être un homme, un vrai, signifie surtout, ne pas avoir de besoins personnels et relationnels, tel tous les héros masculins d’hier à aujourd’hui, source de la souffrance de bien des hommes. Cette masculinité défensive se mesure sur une échelle consistant à de multiples preuves à refaire et épreuves, mettant en péril sa santé mentale, relationnelle et physique. L’antidote à cette masculinité toxique, soit défensive contre lui-même, contre sa nature humaine est de devenir un homme vrai et heureux.
La masculinité humaniste, telle que proposée par Yvan Phaneuf, ne cherche pas à rejeter la virilité tel que définie, elle invite plutôt à l’équilibrer, à l’harmoniser avec le reste de sa personnalité, avec l’ensemble de tout ce que nous sommes. C’est pourquoi c’est l’approche de la masculinité humaniste, qui consiste à récupérer l’ensemble de qui je suis dans le but de placer sa vie en fonction de respecter cet ensemble de soi et non pas seulement d’une partie de ce que je suis. Ce qui inclue la capacité de ressentir tout ce qui m’habite de fort et de sensible, de ses besoins et de son autonomie, et d’entrer en relation avec les autres de manière plus authentique.
«L’émotion, le ressenti, la sensibilité est l’émetteur de l’identité, sans l’écoute de cet émetteur, c’est naviguer sans boussole.»
Yvan Phaneuf
Dans cette perspective, les émotions ne sont plus des obstacles à éliminer, mais des repères à écouter. Elles deviennent des informations précieuses sur ce qui se vit ainsi que sur nos besoins personnels et relationnels. Apprendre à les reconnaître, à les nommer, à leur faire une place, permet de créer un nouveau chemin menant faire un bonheur accessible.
La masculinité humaniste repose sur cette idée simple mais exigeante : ne plus se couper de soi pour être un homme. Cela implique de revisiter qui je suis et ce qui a été appris comme homme conditionné, dans le but de questionner et de rechoisir qui je veux être comme personne.
Ce processus ne consiste pas à “devenir plus émotif” ou à correspondre à un nouveau modèle. Il s’agit de retrouver une liberté intérieure : celle de pouvoir ressentir et exister sans se juger, d’exprimer sans se trahir, et d’être en relation sans se cacher derrière un rôle.
Dans les relations, cette évolution personnelle a un impact profond. Un homme qui est en lien avec lui-même développe de l’autonomie affective, devient plus présent à lui-même et à l’autre, plus capable d’écoute de lui et de l’autre, moins dans la réaction défensive ou la fermeture. Il peut reconnaître ce qu’il vit sans l’imposer, et entendre l’autre sans se sentir menacé. Cela ouvre la porte à des relations nourrissantes, égalitaires et moins basées sur des dynamiques de pouvoir et des échecs répétés.
La masculinité humaniste n’est pas un idéal à atteindre, ni une nouvelle norme à adopter, c’est un chemin vers une liberté qui nous mènera en tant qu’homme à se créer une vie qui nous ressemble vraiment et non à répéter une route déjà tracer. Elle propose d’être un homme non pas coupé de soi, mais en se rapprochant de ce qui est déjà là.
Notre objectif est de favoriser un homme unifié.
Dans son travail, Yvan Phaneuf s’est intéressé à ce qu’il appelle “l’homme unifié”, dans le but de s’humaniser : soit un homme capable d’accueillir tout ce qu’il est, sans se diviser ni se rejeté, car chaque partie de lui fait partie de lui et joue un rôle essentiel à son bonheur et se doit d’être entendu. Que ce soit sa peine et sa colère, sa force et sa vulnérabilité, ses peurs et ses besoins, son affirmation et sa réflexion. Il doit cesser d’être scindé en deux pour être heureux.
Dès l’enfance, les hommes apprennent, par une transmission transgénérationnelle, sans que ce soit dit explicitement, qu’il vaut mieux cacher qui il est vraiment au risque d’une honte dévastatrice. Il se doit pour être reconnu comme vrai homme, contenir, contrôler ou taire ce qu’il ressent pour ne présenter que certaines caractéristiques dites masculines au profit de ce que l’on attend de lui plutôt qu’en respect de ce qu’il a besoin d’être pour être un homme autonome et heureux. La tristesse, la peur, la vulnérabilité et les besoins sont perçus comme des faiblesses. Et la puissance devient survalorisée.
Ce conditionnement n’est pas conscient. Il se construit à travers les attentes sociales, les modèles masculins et les expériences relationnelles. Ce qui créer cette division intérieure : une partie de soi qui est présentée et une autre qui est rejetée.
Cacher une partie de soi, devient une manière de s’adapter, de tenter de rester en lien avec le monde extérieur et de répondre à ce que l’on pense qu’il attend de nous. Mais cette adaptation a un coût majeur tout au cours de notre vie, soit faire de mauvais choix et placer ainsi sa vie en fonction des autres et non de soi. S’ensuivent des difficultés relationnelles majeures ainsi qu’un sentiment de déconnexion et d’insatisfaction globale nous donnant le sentiment d’être perdu sur une route devenue cahoteuse plutôt qu’harmonieuse qui ne nous ressemble pas.
L’homme unifié ne cherche pas à devenir quelqu’un d’autre. Il apprend plutôt à se rapprocher de qui il est vraiment, en développant courageusement une relation honnête avec lui-même et son entourage, à devenir un homme libre et heureux.
C’est un processus de réunification : remettre en lien ce qui a été séparé, redonner une voix à ce qui a été mis de côté, et retrouver une cohérence intérieure. Cette intégration permet d’être plus vrai, sans avoir à se cacher.

